Il s'en est fallu de peu.
Mais nous nous sommes évités.
A côté du Serpent qui s'écoule lentement, la piste verte s'ouvre devant nous.
Faire ce parcours à vélo est une bénédiction avec cette chaleur. Les flots mouvementés rafraichissent l'atmosphère et sous les ombrages, l'air fouette mon visage avec une nouvelle vigueur.
Je vois les canards qui plongent, les lapins qui descendent les contreforts herbeux de la digue. Et tout à coup...
"hhhhhhhhhhhhhhmmmmmmmmmmmmmmfffffffffp"
Sur cette onomatopée qui vient du fond de ma gorge tellement mon étonnement est violent, je freine "des quatre fers".
Mais je vais trop vite et ai peur de le couper en deux.
Lui, a du me sentir venir car, alors que ma roue avant s'aplatit sur lui, tout à coup, d'un mouvement sinueux, il se rassemble et se jette dans les feuilles du bas côté.
Je m'arrête enfin et je crie "un serpent!!!!!". J'ai failli tuer un serpent.
Une longue bête grise et verte, toute quadrillée de gris.
Je n'ai pas de passion particulière pour les reptiles mais je n'aime pas faire de mal à un être vivant.
Et je suis encore toute heureuse de cette furtive rencontre qui s'est heureusement terminée.
Nous reprenons notre route et je revois cette fluidité, cette beauté sauvage qui a évité encore les dégâts des hommes.
Sur le fleuve, l'élégance d'un groupe de cygnes me fascine.
Demain je prendrai mon appareil photo pour vous faire partager ces quelques paysages.